Bonjour à toutes et tous,

 

Ces derniers jours ont été denses et ont générés beaucoup de réactions, d’émotions, de sentiments. Je vous accompagne régulièrement ou je vous accompagne ponctuellement et je voulais vous partager et vous communiquer là où j’en suis aujourd’hui dimanche 15 Mars.

Cela me semble aussi important car dans une démarche de thérapie le thérapeute a la responsabilité du cadre thérapeutique.

Je pense que c’est clair pour vous et si cela ne l’est pas je vais vous le témoigner à nouveau dans ce mail : l’une des choses les plus importantes pour moi dans la vie est la liberté. J’ai décidé de devenir thérapeute car lorsque j’ai fait mon propre travail sur moi j’ai contacté un espace de liberté incroyable au delà de mes propres blessures. Je ne pensais pas cela possible. J’avais réussi à atteindre un rivage inespéré et  il était temps pour moi ensuite de partager ce chemin et surtout j’en avais l’envie profonde car si je l’avais fait tout le monde pouvait aussi le faire et c’est surtout cela que je voulais partager.

L’une des pires choses pour moi dans la vie est de subir. Que ce soit dans le sport ou dans la vie cela est à mon sens terrible (et pour couronner le tout je déteste perdre ….). J’ai beaucoup pratiqué il y a quelques temps le cycling, ce sport où je pédale pendant 45 minutes au dessus de la selle alternant pompes et autres exercices à des rythmes parfois très élevés. Bien des fois j’ai senti mes jambes commencer à se durcir, commencer à cramper puis brûler et mon attention était forcément attirée par ce ressenti. J’avais de plus en plus mal et je commençais à m’accrocher à mon guidon, puis m’appuyer et je sentais le haut de mon corps se vouter. Plus je me voutais, plus cela devenait difficile : j’étais en train de subir et surtout de me regarder subir. Il suffisait que je me remette droite et que j’arrête de me regarder subir pour que cela se passe mieux dans mon corps.

Cette posture nous amène consciemment ou insconsciemment à des sentiments difficiles comme l’impuissance, la colère et ou la tristesse entre autres.

J’ai décidé à partir de cette semaine de ne plus recevoir au cabinet. Je continue mes séances par skype et autres moyens de communication internet. Dans ce moment où il nous est demandé de limiter nos déplacements et peut être plus dans les jours prochains je choisis de faire ma part en restant chez moi disponible pour des rendez vous mais de faire ma part en limitant ma connexion physique aux autres.

Par ailleurs si vous sentez des résistances, je me permets aussi de vous suggérer d’interroger votre part qui voudrait potentiellement ne pas se plier aux règles, ne pas se conformer, ne pas soit disant céder à un climat de peur, ne pas rester « cloitré » chez lui ou bien d’autres choses encore. Vous pouvez aussi en faire une opportunité de regarder ce que cela raconte pour qu’à cet endroit cet évènement soit aussi une opportunité de croissance personnelle. Regardez pourquoi la liberté se fait plus sentir dans telle circonstance plutôt que dans telle autre circonstance.

 

C’est la première fois que mon partage prend cette forme, que je partage aussi cela tout court et j’avais envie de vous partager tout cela. Nous cheminons ensemble, grâce aux uns aux autres et parfois malgré les uns les autres cela nous fait quand même bouger malgré nous.

 

Je vous souhaite une bonne soirée, de bien prendre soin de vous et je reste disponible.

 

De tout coeur

Stéphanie